Le Village des Deux Collines

Conte : Le Village des Deux Collines
Il était une fois, dans un pays lointain, deux collines qui se faisaient face. Sur la première vivait le
village des Lumières, et sur la seconde, le village des Étoiles. Les deux villages étaient séparés par
une rivière, mais ils partageaient le même soleil, le même vent, et les mêmes rêves d’enfants.
Pendant longtemps, les habitants se parlaient, se rendaient visite, échangeaient des fruits, des
histoires et des chansons. Mais un jour, une dispute éclata entre les adultes. Personne ne se
souvenait vraiment pourquoi. Juste que « l’autre colline » était devenue un endroit dont il fallait se
méfier. Alors, petit à petit, les ponts furent détruits. Les mots se firent durs. Et les enfants des deux
collines grandirent en entendant : « Fais attention à eux. »
Le regard de Lila
Dans le village des Lumières vivait une petite fille nommée Lila. Elle avait sept ans, des yeux
curieux et un coeur qui posait toujours trop de questions. Un soir, elle demanda à sa maman :
« Maman, pourquoi dit-on que les gens de l’autre colline sont dangereux ? » Sa maman répondit :
« Parce que c’est comme ça, ma chérie. On ne peut pas leur faire confiance. » Lila demanda : « Mais…
tu les connais ? » Sa maman dit : « Non, mais on me l’a toujours dit. » Lila trouva étrange d’avoir peur
de quelqu’un qu’on n’avait jamais rencontré.
La rencontre
Un matin, alors qu’elle jouait près de la rivière, Lila aperçut un garçon de l’autre colline. Il avait son
âge, un cerf-volant rouge à la main, et un sourire timide. Ils se regardèrent longtemps. Puis Lila fit
un pas. Le garçon aussi. « Je m’appelle Sami », dit-il. « Moi, c’est Lila. » Ils se mirent à parler, d’abord
doucement, puis avec enthousiasme. Ils découvrirent qu’ils aimaient les mêmes jeux, les mêmes
histoires, et qu’ils avaient les mêmes rêves : grandir en paix, courir sans peur, et voir leurs villages
se reparler.
Les adultes arrivent
Mais soudain, des adultes des deux collines arrivèrent en courant. « Lila, recule ! » « Sami, viens ici ! »
Les deux enfants furent séparés. Les adultes se mirent à crier, à s’accuser, à se méfier. Lila sentit
son coeur se serrer. Elle cria : « Arrêtez ! Sami n’est pas un ennemi ! C’est un enfant, comme moi ! »
Le silence tomba. Les adultes se regardèrent, surpris. Personne n’avait parlé ainsi depuis
longtemps.
Le pouvoir d’un regard
Lila prit une grande inspiration. « Vous dites que les gens de l’autre colline sont dangereux… mais
vous ne les connaissez pas. Moi, j’ai parlé avec Sami. Il a un cerf-volant, une petite soeur, et il veut
juste jouer. Pourquoi on nous apprend à avoir peur ? » Sami ajouta : « On nous dit la même chose sur
vous. Mais Lila m’a parlé. Et j’ai vu qu’elle avait un coeur comme le mien. » Les adultes restèrent
silencieux. Ils virent alors ce qu’ils avaient oublié depuis longtemps : avant d’être d’un village,
chacun était un être humain.
Le premier pont
Ce jour-là, les adultes ne réglèrent pas tout. Les disputes ne disparurent pas d’un coup. Mais
quelque chose avait changé. Un menuisier proposa : « Et si on reconstruisait un petit pont ? Juste
un, pour que les enfants puissent se revoir ? » Un autre répondit : « Oui… un pont, c’est un début. » Et
ainsi, grâce à deux enfants qui avaient refusé la haine, le premier pont fut reconstruit entre les deux
collines.
Morale
Quand on regarde l’autre comme un ennemi, on détruit des ponts. Quand on le regarde comme un
être humain, on commence à les reconstruire. Les enfants, eux, savent encore voir les coeurs. Et
c’est pour cela qu’ils peuvent changer le monde

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