La cocaïne n’est pas banale

“La cocaïne n’est pas banale : comprendre pour protéger, pas pour juger”

Mes amis, Si nous avons fondé le Cercle des Passerelles, c’est parce que nous refusons de détourner le regard lorsque la société s’abîme. Et aujourd’hui, il y a un sujet dont on parle beaucoup, mais souvent mal : la banalisation de la cocaïne.

On voudrait nous faire croire que ce n’est plus vraiment une “drogue dure”. Que son prix qui chute, sa pureté qui grimpe, sa présence partout — des soirées étudiantes aux villages ruraux — seraient presque un signe de modernité. Comme si la diffusion d’un produit dangereux devenait un indicateur de progrès.

Non. C’est un signal d’alarme.

Quand le prix baisse, ce n’est pas une bonne nouvelle. Ce n’est pas un “accès facilité”, c’est un marché qui déborde. Une économie parallèle qui prospère sur la misère, la violence, la corruption, la destruction de vies. Un marché qui se professionnalise, qui livre à domicile, qui fait des promotions comme un fast-food. La cocaïne n’est pas devenue moins dangereuse. Elle est devenue plus rentable.

Et quand la consommation augmente, ce n’est pas un simple choix individuel. C’est le résultat d’un cocktail explosif : la pression sociale, la fatigue généralisée, la quête de performance, la solitude, l’absence de prévention, l’effondrement des services publics… La cocaïne prospère là où la société abandonne.

Et quand on dit “tout le monde en prend”, on masque les dégâts. Derrière chaque ligne, il y a des infarctus à 30 ans, des dépendances silencieuses, des familles qui s’effondrent, des territoires gangrenés par les trafics, des adolescents qui pensent que “c’est normal”. La banalisation est une stratégie commerciale. Pas une réalité sanitaire.

Alors oui, il est temps de reprendre le récit. Parler de cocaïne, ce n’est pas juger. C’est protéger. C’est rappeler que la santé publique n’est pas un luxe. Que la prévention n’est pas un gadget. Que la réduction des risques n’est pas une option. Que la lutte contre les trafics ne peut pas reposer uniquement sur la police, mais sur une société qui refuse de laisser les plus fragiles devenir des cibles.

Ce combat n’est pas moral, il est collectif. Il ne s’agit pas de pointer du doigt les consommateurs. Il s’agit de comprendre pourquoi un produit dangereux devient un refuge. Pourquoi des réseaux criminels deviennent des acteurs économiques. Pourquoi des vies s’abîment dans le silence.

Et ici, au Cercle des Passerelles, nous disons ceci : Nous refusons que la détresse devienne un marché. Nous refusons que la banalisation remplace la prévention. Nous refusons que la santé soit sacrifiée sur l’autel du profit.

Parce que protéger, c’est relier. Parce que prévenir, c’est construire des passerelles. Parce que la dignité humaine n’est pas négociable.

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