« Dans notre pays, on parle beaucoup de santé publique, mais trop rarement de la manière dont les discours médiatiques façonnent notre regard sur les autres. La grossophobie médiatique — ces mots qui blessent, ces récits qui simplifient, ces images qui stigmatisent — n’est pas un détail. C’est un phénomène social qui fragilise des millions de personnes et abîme notre capacité collective à faire société.
Quand les médias réduisent des êtres humains à des chiffres, à des risques ou à des “coûts”, ils ne décrivent pas la réalité : ils la déforment. Ils créent de la honte, de la peur, de l’isolement. Ils éloignent des soins. Ils aggravent les troubles alimentaires. Ils alimentent la violence symbolique qui, elle aussi, est un enjeu de santé publique.
Au Cercle des Passerelles, nous croyons que la dignité n’est pas négociable. Nous croyons que chaque personne mérite d’être regardée comme un sujet, pas comme un problème. Nous croyons que la société se renforce quand elle protège les plus vulnérables au lieu de les pointer du doigt.
Il est temps de demander un traitement médiatique plus juste, plus nuancé, plus humain. Il est temps de rappeler que la santé psychique fait partie de la santé publique. Il est temps de construire des récits qui rassemblent au lieu de diviser.
La grossophobie médiatique n’est pas une opinion : c’est un obstacle à la cohésion sociale. Et la cohésion sociale, c’est l’affaire de tous. »

