
“Protéger l’enfance, c’est refuser toutes les violences — grandes ou petites”**
« Sept ans après l’interdiction des violences éducatives, un quart des parents jugent encore la fessée acceptable. Ce chiffre ne condamne pas les parents. Il révèle surtout que notre société n’a pas encore pleinement compris ce que signifie protéger un enfant. »
La protection de l’enfance ne commence pas seulement quand un drame éclate. Elle commence bien avant. Dans les gestes du quotidien. Dans la manière dont on parle à un enfant. Dans la manière dont on le corrige, dont on le guide, dont on l’accompagne.
Une fessée n’est pas un détail. C’est une violence banalisée. Et toute violence banalisée prépare le terrain à d’autres violences.
On ne peut pas, d’un côté, s’indigner — à juste titre — lorsqu’un enfant est enfermé, affamé, maltraité… et de l’autre, considérer qu’il est normal de frapper un enfant “pour son bien”.
La protection de l’enfance est un tout. Elle ne se découpe pas. Elle ne s’applique pas seulement aux cas extrêmes.
Elle inclut :
- la lutte contre les violences éducatives ordinaires
- la vigilance face aux signes de maltraitance
- le soutien aux parents en difficulté
- la protection des mineurs isolés, d’ici ou d’ailleurs
- le refus de toute violence physique ou psychologique
- la conviction que la dignité d’un enfant n’est jamais négociable
Un enfant n’apprend pas mieux parce qu’il a mal. Un enfant grandit mieux quand il est guidé, pas quand il est frappé.
Le Cercle des Passerelles ne juge pas les parents. Nous savons que beaucoup reproduisent ce qu’ils ont eux-mêmes reçu. Nous savons que changer demande du courage.
Mais nous affirmons ceci :
Protéger l’enfance, c’est refuser toutes les violences — grandes ou petites. C’est choisir la bienveillance plutôt que la peur. C’est construire une société où chaque enfant, sans exception, peut grandir en sécurité.

