Quand on frappe un maire, c’est la République qu’on cogne

Il y a quelque chose de pourri dans notre vie publique quand un maire se fait démonter la mâchoire pour une histoire de logement. Quand un élu local — celui qui signe les permis, qui gère les écoles, qui enterre nos morts et qui tient la baraque — finit à l’hôpital parce qu’un individu a décidé que la violence était plus rapide que la démocratie.

On peut tout critiquer : les politiques, les décisions, les lenteurs administratives. Mais lever la main sur un maire, c’est franchir une ligne rouge que même les pires heures de notre histoire respectaient encore. Parce qu’un maire, ce n’est pas un “politique” abstrait : c’est la République en bleu de travail, celle qui se lève tôt, qui règle les conflits de voisinage, qui gère les crises, qui prend des coups… et maintenant, littéralement.

Et le pire, c’est que ça devient banal. Un maire agressé ici, un adjoint menacé là, une élue insultée ailleurs. On s’habitue. On lit ça comme on lit la météo. La violence contre les élus est en train de devenir un climat.

Mais attention : Quand une société commence à cogner ses propres représentants, ce n’est pas un “fait divers”. C’est un symptôme démocratique. Un signe que la colère n’est plus un message mais une arme. Un signe que certains ne veulent plus discuter, seulement imposer. Un signe que la République n’est plus un cadre, mais une cible.

Aujourd’hui, un maire du Nord a été frappé. Demain, qui. Un professeur. Un médecin. Un bénévole. Un citoyen qui dit “non”. Et peut‑être moi, Eric, simple citoyen qui défend la démocratie, qui refuse la peur et la violence comme mode de discussion.

Parce que quand la violence commence à viser ceux qui s’engagent, même modestement, même bénévolement, même localement, c’est que la démocratie elle‑même est devenue une cible.

On ne défend pas un maire parce qu’il est maire. On le défend parce qu’il est un rempart. Et quand un rempart tombe, c’est tout le village qui devient vulnérable.

La démocratie ne meurt pas d’un coup d’État spectaculaire. Elle meurt de coups de poing répétés, de menaces tolérées, d’indifférence générale. Elle meurt quand on laisse croire qu’un élu est un punching‑ball. Elle meurt quand on accepte que la violence devienne un argument.

La République n’a pas besoin de grands discours. Elle a besoin d’un sursaut. D’un refus net, massif, unanime : On ne frappe pas un élu. On ne frappe pas un serviteur public. On ne frappe pas la démocratie.

Point final.

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