la haute montagne nous donne pas d’alibi pour nier les changement climatique

Les températures élevées de ces derniers jours maintiennent l’isotherme 0 °C très haut, autour de 3900 à 4200 m sur le massif du Mont‑Blanc. La haute montagne réagit vite à ces variations : neige qui ramollit plus tôt, crevasses qui s’ouvrent plus vite, terrain rocheux plus mobile. Rien d’alarmant pour la pratique, mais des signaux qui méritent d’être observés.
Chez nous, dans les Hauts‑de‑France, on ne risque pas de confondre nos terrils avec les sommets alpins. Même si on les adore, ils ne culminent pas à 4000 m, et l’isotherme 0 °C les dépasse sans effort. Mais ce n’est pas une raison pour penser que « ça ne nous concerne pas ». La haute montagne, justement parce qu’elle réagit très vite, ne nous offre aucun alibi pour nier les changements en cours. Elle joue un peu le rôle de vigie : ce qui s’y passe aujourd’hui annonce souvent ce qui se ressentira ailleurs demain.
Cela ne doit pas empêcher de profiter de la montagne, bien au contraire. Il suffit d’adapter les horaires, de tenir compte du cycle journalier de la neige et de garder un œil attentif sur les conditions. Et chez nous, cela nous rappelle simplement que les terrils, même s’ils ne sont pas des glaciers, font partie d’un paysage qui évolue lui aussi.
En résumé, que l’on soit au pied d’un terril ou au pied du Mont‑Blanc, les signaux sont là. Ils ne sont pas là pour nous inquiéter, mais pour nous éclairer. Et si nos terrils ne rivalisent pas avec les Alpes, ils ont au moins un avantage : on peut les monter en baskets, sans crampons ni piolet.

