Refuser le dialogue, c’est refuser la démocratie

« Refuser le dialogue, c’est refuser la démocratie »

Mesdames, Messieurs, Chers amis, Chers passeurs et passeuses de liens,

Nous sommes réunis aujourd’hui parce que quelque chose, dans notre pays, se fissure. Parce que nous voyons monter une dureté qui n’a jamais fait la grandeur de la France. Parce que nous voyons se multiplier des discours qui méprisent l’émotion, ridiculisent la solidarité, et rêvent d’une société où l’on coupe les aides, où l’on affaiblit les associations, où l’on soupçonne tout ce qui relie les êtres humains.

Et nous le disons calmement, fermement, lucidement : refuser l’humanisme, ce n’est pas seulement refuser une idée. C’est refuser la démocratie.

Car la démocratie n’est pas un décor. Ce n’est pas un rituel électoral. Ce n’est pas un slogan que l’on brandit quand cela nous arrange.

La démocratie, c’est un espace. Un espace où les idées circulent. Un espace où l’on écoute avant de juger. Un espace où l’on accepte que l’autre existe, même quand il pense autrement. Un espace où l’on construit des ponts, pas des murs.

Quand certains rejettent l’humanisme, ils ne s’opposent pas à une sensibilité. Ils s’opposent à ce qui permet à la société de tenir debout : la solidarité, la culture, l’entraide, la fraternité, la capacité à se reconnaître dans la fragilité de l’autre.

Quand certains rêvent de couper les aides, ils oublient que ces aides ne sont pas des cadeaux. Ce sont des filets de sécurité, des pactes de dignité, des promesses républicaines. Elles empêchent des millions de vies de basculer.

Quand certains veulent réduire les subventions aux associations, ils oublient que ces associations sont les poumons de nos territoires. Elles accompagnent, elles protègent, elles réparent, elles relient. Elles font ce que l’État ne peut pas faire seul.

Et quand certains méprisent l’émotion, ils oublient que l’émotion est un langage. Un langage qui dit : « Je suis humain, donc vulnérable. » Un langage qui dit : « Je reconnais en toi un semblable. » Un langage qui dit : « Nous sommes une communauté, pas une addition d’individus isolés. »

Le Cercle des Passerelles est né pour rappeler cela. Pour rappeler que la France ne s’est jamais construite sur la dureté. Elle s’est construite sur la culture, sur l’éducation, sur la solidarité, sur la capacité à faire société malgré nos différences.

Nous ne demandons pas l’unanimité. Nous ne demandons pas que tout le monde pense comme nous. Nous demandons quelque chose de plus simple, de plus fondamental : que la discussion reste possible. Que le dialogue reste ouvert. Que la démocratie reste vivante.

Refuser une idée sans l’écouter, c’est refuser la démocratie. Ridiculiser l’humanisme, c’est refuser ce qui fait de nous un peuple. Couper les ponts, c’est renoncer à l’avenir.

Nous, au Cercle des Passerelles, nous faisons un autre choix. Nous choisissons la relation plutôt que la rupture. Nous choisissons la nuance plutôt que la caricature. Nous choisissons la solidarité plutôt que la suspicion. Nous choisissons la France qui relie, pas celle qui divise.

Parce qu’une Nation n’est forte que lorsqu’elle reste humaine. Parce qu’une démocratie n’est vivante que lorsqu’elle accepte la pluralité. Parce qu’un peuple n’avance que lorsqu’il se tient la main.

Alors oui, nous continuerons à tendre des passerelles. Même quand certains préfèrent les fossés. Nous continuerons à défendre l’humanisme. Même quand certains le traitent de faiblesse. Nous continuerons à croire en la démocratie. Même quand certains voudraient la réduire à un rapport de force.

Nous continuerons, parce que c’est notre responsabilité. Et parce que c’est notre fierté.

Merci.

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