Selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE), les heures à prix négatifs ont augmenté récemment :
- 147 heures en 2023 (1,7 % du temps)
- 235 heures au premier semestre 2024 (5,4 % du temps)
La CRE explique que ces épisodes surviennent lorsqu’il y a trop d’électricité par rapport à la demande, ce qui peut arriver :
- lors de journées très ensoleillées ou venteuses,
- mais aussi lors de week-ends, jours fériés, ou périodes de faible consommation,
- ou encore lorsque plusieurs pays voisins surproduisent simultanément.
La CRE précise également que les prix négatifs ne signifient pas un dysfonctionnement du système, mais un signal économique du marché.
🟦 2. Les renouvelables ne sont pas “prioritaires” par idéologie, mais par règles de marché et contrats
Les dispositifs de soutien (complément de rémunération) incitent les producteurs renouvelables à injecter leur énergie, mais ils ne sont pas rémunérés pendant les heures à prix négatifs au-delà d’une franchise. Ils ont donc déjà intérêt à s’arrêter dans ces périodes.
La CRE souligne que certains mécanismes actuels peuvent conduire à une utilisation sous-optimale du parc, et recommande de les ajuster.
🟦 3. Le nucléaire est modulable, mais pas gratuitement
La France possède un parc nucléaire conçu pour être modulable, ce qui est rare dans le monde. Cependant, moduler un réacteur :
- augmente les coûts unitaires,
- use plus rapidement certains composants,
- réduit la production annuelle.
C’est un fait technique, pas une décision idéologique.
🟦 4. Pourquoi maintenir des réacteurs en fonctionnement même à prix négatifs ?
La CRE explique que certaines heures à prix négatifs résultent d’une utilisation sous-optimale du parc, et que le système électrique a besoin :
- de machines tournantes (inertie),
- de stabilité de fréquence,
- de réactivité en cas de variation rapide.
Les réacteurs nucléaires fournissent cette stabilité. Les arrêter tous simultanément pourrait fragiliser le réseau, comme l’a montré l’exemple espagnol évoqué dans la presse.
C’est donc une décision de sûreté du réseau, pas un “cadeau” à EDF.
🟦 5. Qui paie ?
La CRE indique que certaines heures à prix négatifs peuvent entraîner une perte économique pour la collectivité, notamment lorsque les mécanismes de soutien aux renouvelables ne sont pas optimisés. Elle recommande d’ajuster ces dispositifs pour réduire ces pertes.
🟩 6. Le débat “nucléaire vs renouvelables” est trop simplifié
Les sources consultées ne soutiennent pas l’idée que la France “sacrifie le nucléaire”. Elles montrent plutôt :
- un système en transition,
- des règles de marché parfois mal adaptées,
- un besoin de flexibilité croissant,
- et des ajustements nécessaires.
La CRE insiste sur le fait que le stockage, l’effacement, les interconnexions et la flexibilité de la demande doivent être renforcés pour réduire les prix négatifs.
🟩 Conclusion factuelle
Les faits établis par les régulateurs montrent que :
- Les prix négatifs existent, mais restent minoritaires.
- Ils ne sont pas causés uniquement par les renouvelables.
- Le nucléaire doit parfois rester en fonctionnement pour stabiliser le réseau.
- Les dispositifs de soutien aux renouvelables doivent être ajustés pour éviter des effets pervers.
- Le système électrique français est en transition et nécessite des optimisations, pas des oppositions idéologiques.
