Lecture citoyenne et engagée du Cercle des Passerelles
Je parle rarement de religion. Non par rejet, mais parce que la laïcité est notre bien commun : elle protège chacun, elle empêche que la foi devienne un outil de domination. Mais parfois, un texte spirituel touche à quelque chose de plus large, de plus universel. Alors il devient un message citoyen.
Dans les méditations du Chemin de Croix 2026, un fil puissant traverse chaque station : la dénonciation de l’injustice, la compassion envers les humiliés, et l’appel à ne jamais détourner le regard quand un être humain tombe.
Quand Jésus avance, chargé de la croix, ce n’est pas seulement une scène religieuse. C’est l’image de toutes celles et ceux qui ploient sous le poids de la violence, des décisions arbitraires, des humiliations quotidiennes, des abus de pouvoir qui brisent des vies.
Et ce que dit ce chemin, c’est ceci : on ne peut pas prétendre aimer l’humanité si l’on reste spectateur de sa souffrance.
Marcher avec Lui, dans une lecture laïque et citoyenne, c’est marcher avec les victimes de violences, avec les invisibles, avec ceux que la société préfère oublier parce qu’ils dérangent les certitudes.
C’est refuser la banalisation du mépris. C’est refuser que la force serve à écraser. C’est refuser que la peur devienne un mode de gouvernement.
Dans l’esprit du Cercle des Passerelles, ce Chemin de Croix devient un appel clair :
- se tenir du côté de la dignité humaine,
- refuser les extrêmes qui divisent et blessent,
- protéger les plus vulnérables,
- dénoncer les injustices, même quand elles sont commises par les puissants,
- rappeler que la fraternité n’est pas un slogan, mais un devoir.
Le Chemin de Croix, relu ainsi, n’est pas un rituel. C’est un miroir tendu à notre société. Il nous demande : que faisons‑nous, concrètement, pour que personne ne soit écrasé sur le chemin ?
Et c’est là que se rejoignent la spiritualité et l’engagement citoyen : dans cette conviction simple et radicale que la dignité humaine n’est pas négociable.

