De la souche aux passerelles

“ : comprendre pour mieux se rassembler”

Mes amis, Si nous avons créé le Cercle des Passerelles, c’est pour sortir des mots qui blessent, des étiquettes qui enferment, et des concepts qui divisent. Et parmi ces concepts, il y en a un qui revient souvent dans le débat public : le fameux “Français de souche”.

Alors permettez-moi un instant de sourire avec vous, parce que ce terme ressemble davantage à un personnage de bande dessinée qu’à une réalité sociale.

On nous parle d’une “souche”, comme si chacun d’entre nous devait prouver qu’il descend d’un chêne millénaire, planté quelque part entre un dolmen, Astérix et une baguette tradition. Mais quand on ouvre un livre d’histoire, on découvre que la France, depuis deux mille ans, c’est un carrefour, un port, un pont, un mélange permanent. Des Celtes aux Romains, des Francs aux Vikings, des Italiens aux Polonais, des Arméniens aux Portugais, des Maghrébins aux Espagnols… La France, c’est un tissage. Pas une racine unique.

Et puis, il y a le droit français, ce grand pragmatique : il ne connaît que des citoyens. Pas des chênes, pas des bouleaux, pas des “souches”. Être Français, c’est une affaire de loi, de volonté, de projet commun. Pas de chlorophylle identitaire.

Alors pourquoi cette expression revient-elle encore ? Parce qu’elle sert à fabriquer un “nous” imaginaire et un “eux” très pratique. Un mur. Une frontière. Une séparation.

Et c’est précisément ce que nous refusons.

Au Cercle des Passerelles, nous croyons que la France n’a jamais avancé en dressant des murs, mais en construisant des ponts. Nous croyons que la richesse d’un pays ne vient pas de la pureté d’une souche, mais de la vitalité de ses branches. Nous croyons que la diversité n’est pas une menace : c’est notre histoire, notre réalité, et notre force.

Alors oui, nous pouvons sourire de ce concept imaginaire. Mais surtout, nous pouvons le dépasser. Nous pouvons choisir de regarder ce qui nous relie plutôt que ce qui nous sépare. Nous pouvons choisir la rencontre plutôt que la méfiance. Nous pouvons choisir les passerelles plutôt que les souches.

Parce que la France réelle, la France vivante, la France qui avance, c’est celle qui mélange, qui accueille, qui transforme, qui invente. Et c’est cette France-là que nous voulons servir.

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