À la suite du naufrage d’une embarcation de migrants en Méditerranée centrale qui a fait au moins 2 morts, plus de 70 personnes sont portées disparues, ont indiqué les ONG Mediterranea Saving Humans et Sea-Watch dimanche. Depuis le début de l’année, 683 migrants sont morts ou ont été portés disparus en Méditerranée centrale.

Plus de 70 migrants portés disparus après un naufrage en Méditerranée
Quand l’égoïsme devient politique, l’humanisme se noie
70 disparus. 2 morts. 683 vies perdues depuis janvier. Ce ne sont pas des chiffres. Ce sont les symptômes d’un choix politique : celui de détourner le regard.
On dit souvent que « la mer est dangereuse ». Mais la vérité est plus dérangeante : ce qui tue, ce n’est pas la mer, c’est l’égoïsme devenu doctrine. C’est le racisme devenu banalité. C’est l’humanisme devenu option.
Depuis des années, on construit des discours qui opposent les vies entre elles. On parle de « flux », de « pression », de « menace ». On transforme des êtres humains en problèmes à gérer. Et à force de répéter ces mots, on finit par croire que certaines vies peuvent être sacrifiées sans que cela nous concerne.
Le racisme ne tue pas seulement par la haine. Il tue par la hiérarchie invisible qu’il installe dans les esprits. Il tue par l’idée que “ceux-là” peuvent mourir sans que “nous” soyons touchés.
L’égoïsme, lui, s’est installé comme une politique publique. On protège des frontières plus que des vies. On défend des symboles plus que des enfants. On préfère l’illusion de la sécurité à la réalité de la solidarité.
Et pendant ce temps, la Méditerranée devient un cimetière. Pas par fatalité. Par choix. Par renoncement. Par cette lente érosion de l’humanisme qui finit par sembler normale.
Chaque naufrage est un verdict. Il dit ce que nous acceptons. Il dit ce que nous tolérons. Il dit ce que nous sommes en train de devenir.
On peut débattre de tout, sauf d’une chose : une société qui laisse mourir des gens à ses portes n’est plus une société, c’est une forteresse vide.
Il est temps de rappeler une évidence que certains voudraient effacer : l’humanisme n’est pas un luxe. C’est un fondement. Et quand il s’effondre, c’est nous tous qui coulons.

